Dès le lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre dernier, le Liban a été entraîné dans le conflit sur sa frontière Sud contrôlée par le Hezbollah, qui a tiré des roquettes sur le territoire de l’État hébreu en solidarité avec le mouvement palestinien. Israël a répliqué par des bombardements soutenus visant les positions du Hezbollah au Liban. Depuis, les combats n’ont cessé de s’intensifier, au point qu’une escalade vers une guerre totale qui embraserait l’ensemble de la région apparaît comme un scénario crédible aux yeux de nombreux observateurs et d’une partie significative de la population libanaise.
Dans un discours diffusé le 16 février le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a défié Israël en annonçant qu’il ne renoncera pas au combat et en martelant :
« L’ennemi paiera le prix du sang de nos femmes et de nos enfants qui ont été tués dans le Sud. Le prix du sang sera le sang ; pas des avant-postes, des équipements de surveillance ou des véhicules militaires. »
Cette déclaration implique que la milice chiite ne ciblera plus uniquement des positions militaires, mais également des civils. La veille, une frappe de drone contre des responsables du Hezbollah à Nabatiyeh avait fauché une famille au premier étage de l’immeuble visé.
Du côté israélien, le ministre de la Défense Yoav Gallant avait averti le 11 novembre : « Le Hezbollah entraîne le Liban dans une guerre qui pourrait avoir lieu. […] Ce que nous pouvons faire à Gaza, nous pouvons aussi le faire à Beyrouth ». L’armée israélienne a déployé des troupes supplémentaires sur sa frontière Nord, évacuant les civils résidant dans les localités frontalières. S’achemine-t-on inéluctablement vers une nouvelle guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah ?
État des lieux au Liban depuis octobre 2023
Depuis le 8 octobre, plus de 90 villages ont été visés par des tirs…
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Auteur: Jihane Sfeir, Historienne, Université Libre de Bruxelles (ULB)

