Compte tenu de la contribution décisive de Lénine, de 1893 à 1923, à la victoire et à la consolidation de la révolution d’Octobre, qui a fait date, en grande partie sur l’ancien empire tsariste, la brillante contribution théorique (et pratique) de Lénine au développement d’un marxisme créatif et anti-dogmatique est aujourd’hui peu appréciée par la gauche antagoniste des métropoles impérialistes : les schémas et les analyses novatrices progressivement produits par le grand révolutionnaire russe (1870-1924) en ce qui concerne le capitalisme russe de 1894 à 1916, le parti révolutionnaire, le développement dans les différentes étapes du processus révolutionnaire, le matérialisme et la logique dialectique, l’impérialisme contemporain, le capitalisme monopolistique d’État au processus complexe de construction du socialisme en Russie, constituent une série impressionnante de joyaux très précieux et imbriqués qui servent, aujourd’hui encore, à l’élaboration collective et à la praxis des communistes du XXIe siècle, un siècle après la disparition du fondateur du bolchevisme/communisme moderne.
Une autre partie importante et pertinente de la pensée léniniste, qui consiste en la théorie de l’asiacentrisme, s’avère toutefois beaucoup moins connue.
Il faut immédiatement souligner que le concept d’Asie lui-même est d’origine européenne et remonte à l’historien grec Hérodote, étant une catégorie géopolitique qui n’a été acceptée par les habitants de l’Asie qu’au début du 20e siècle.
Il n’est donc pas surprenant que l’eurocentrisme, le centrisme américain (doctrine Monroe, etc.) et le sino-centrisme (jusqu’à l’horrible guerre de l’opium, déclenchée pour la première fois par le colonialisme anglo-français contre le peuple chinois en 1839-42) représentent des phénomènes culturels et idéologiques différents, mais dont les racines sont profondes et séculaires. L’asiacentrisme…
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Auteur: Daniele BURGIO, Massimo LEONI, Roberto SIDOLI

