Hydro-Québec et les Innus d’Unamen Shipu ont signé en mai une entente sur la centrale Lac-Robertson. Celle-ci vise à régler l’ensemble des différends relatifs à cette centrale de la Côte-Nord, construite dans les années 1990. Elle faisait l’objet de diverses contestations et de réclamations de la part de la communauté d’Unamen Shipu.
Hydro-Québec leur versera des redevances de 32 millions de dollars sur une période de 23 ans.
Pourquoi l’État québécois a choisi d’offrir ces redevances cette année, pour une centrale hydro-électrique en activité depuis près de 35 ans, et qui est contestée par cette communauté depuis longtemps ?
La filière batterie pourrait-elle fournir une explication ?
Je m’intéresse, depuis mes études de maîtrise, aux questions de l’extractivisme minier et des droits des peuples autochtones en contexte canadien. Ma recherche doctorale porte sur le rôle de l’État québécois dans l’industrie minière et sur ses enjeux de développement durable, de transition énergétique, et de réconciliation avec les peuples autochtones.
Or, l’entente avec les Innus d’Unamen Shipu survient alors que le gouvernement québécois cherche à développer sa filière batterie en évaluant le potentiel en minéraux critiques et stratégiques et en hydro-électricité sur leur territoire, et plus largement sur celui de la Basse-Côte-Nord. Les ressources nécessaires à la production de batterie sont souvent situées en territoires autochtones.
(Hydro-Québec)
Le projet de construction d’une usine à batterie électrique de…
Auteur: Jean-Sol Goulet-Poulin, Doctorant en anthropologie, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

