Si votre organisation se tient un peu à la page, il est probable que sa feuille de route en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) inclue un objectif de régénération, à l’instar de Volkswagen et de sa stratégie regenerate+ ou du groupe de luxe français Kering, comprenant des maisons comme Gucci, Saint Laurent, Balenciaga…
Au-delà des déclarations d’intention de ces deux entreprises et de bien d’autres, vous avez peut-être du mal à conceptualiser dans quelle mesure un SUV ou un sac en cuir de crocodile peut être régénérateur. Pour défricher le terrain, une équipe de chercheurs de l’université de Maastricht a publié un article dans « Sustainable Production and Consumption », définissant ce qui constitue l’entreprise régénératrice et ce qui la distingue de l’entreprise circulaire ou durable.
Premier postulat : le terme « régénérateur » se réfère initialement à des systèmes biologiques, et plus spécifiquement à leur capacité à « reconstituer un tissu, un organe, une partie détruite naturellement ou accidentellement ». Le lézard, dont la queue coupée peut repousser, en est un exemple parfait. De même, suite à une coupure ou une blessure, votre propre corps reconstitue la peau sans intervention extérieure : il se régénère. Mais alors quel rapport entre une cicatrice et la nouvelle offre de conseil de Kearney, un des plus importants cabinets de conseil et d’audit ?
Les racines de la régénération : dégradation et restauration des sols cultivés
Le terme « régénératrice » a d’abord été appliqué à l’agriculture, pour qualifier certaines pratiques visant à reconstituer la capacité d’un sol à soutenir les cultures sans intrants artificiels. Ouvrage fondateur dans le domaine de l’agriculture écologique, « Dirt to Soil » retrace la transition d’une exploitation agricole…
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Auteur: Benjamin Combes, Doctorant en sciences de gestion, Mines Paris – PSL

