Le flex office, ou littéralement « bureau flexible », représente un poste de travail qui n’est pas attitré à un collaborateur en particulier. Il peut être localisé dans un open space comme dans un bureau cloisonné. Ainsi, à défaut d’un poste fixe, l’employé dispose en fonction de ses besoins, d’une multitude d’espaces : salles de réunions ou de créativité, espaces collaboratifs, bulles d’isolement, espaces de détente ou de brainstorming… Il est libre de faire son choix dans ces environnements en fonction de son temps de travail et de son organisation, en équipe ou non.
Ce nouvel environnement de travail transforme l’employé en collaborateur nomade et connecté. Il repose sur la promotion du mode de travail collaboratif, développé avec la révolution numérique et l’économie de partage dans le courant de la décennie 2010. Dès lors, la digitalisation de l’entreprise s’accompagne d’un management des espaces de travail non plus dédié aux personnes mais aux fonctions.
Ce type d’organisation a initialement été plébiscité par les starts-up, qui par nature ont besoin d’espaces évolutifs et ne peuvent se permettre de louer des espaces de bureaux avec des baux commerciaux classiques. Il s’est déployé progressivement dans les grandes entreprises en quête d’innovation organisationnelle et managériale.
Très rapidement, le flex devient la vitrine des grands cabinets de conseil dédiés au management de transition et dont la plupart des collaborateurs travaillent hors les murs de l’entreprise. Il est prôné également par les grands groupes du numérique, notamment les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), pour lesquels il s’agit d’une vitrine des technologies indispensables à ces espaces non affectés : la connexion au réseau et les outils informatiques.
Avec la crise sanitaire de 2020 et la poursuite généralisée du télétravail, devenu pour certaines entreprises un…
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Auteur: Ingrid Nappi, Économiste, professeur HDR au département SEGF (Sciences économiques, Gestion, Finance), École des Ponts ParisTech (ENPC)

