Plus de SMS, plus d’appel, plus aucune nouvelle, comme ça, du jour au lendemain, sans explication… Si cette situation vous semble familière, vous avez peut-être été victime de « ghosting » ou « ghosté ». Dérivé de l’anglais « ghost », signifiant « fantôme », ce terme pourrait être traduit en français par l’expression « faire le mort ». Il est apparu dans la culture populaire en 2014 et a été officiellement défini par l’Urban Dictionary en 2016 :
« Lorsqu’une personne coupe toute communication avec ses amis ou la personne qu’elle fréquente, sans aucun avertissement ou préavis. La plupart du temps, elle évite les appels téléphoniques de ses amis, les médias sociaux et les évite en public ».
Bien que le verbe « ghoster » soit apparu récemment dans le langage courant, le phénomène n’est pas nouveau. En effet, la tactique de la disparition pour rompre une relation amoureuse ou amicale est une pratique ancienne qui pourrait renvoyer à la stratégie de désengagement indirect par retrait/évitement décrite par Baxter dans les années 80.
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Il est difficile de savoir précisément si « ghoster » est aujourd’hui plus fréquent qu’il y a 20 ans, 30 ans ou 40 ans. Néanmoins, cette stratégie de rupture est très courante aujourd’hui. La probable augmentation de ce phénomène serait liée, pour certains chercheurs, au recours aux médias sociaux et sites de rencontre en ligne qui faciliteraient et banaliseraient ce genre de pratique. Cela pourrait s’expliquer par les spécificités des interactions en ligne qui permettent de conserver une certaine part d’anonymat, d’avoir un contrôle sur la relation (et notamment la possibilité de différer ses réponses) ou encore le fait de ne pas être en face de la personne lors des échanges, ce qui peut favoriser les conduites…
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Auteur: Marie Danet, Maîtresse de conférence en psychologie, Université de Lille

