Il y eut lui, et les autres. Léon Marchand, star de Paris 2024, ses performances dans les bassins suivies sur tous les terrains des Jeux, quatre médailles d’or olympiques plus une de bronze, exploit sans précédent pour un nageur tricolore. Mais que se passe-t-il donc dans la tête d’un champion d’à peine 22 ans au lendemain d’une pareille razzia ? Comment négocie-t-on l’après ?
L’année post-olympique suivant le triomphe et la gloire est explorée par le documentaire de Sacha Vucinic et Xavier Marchand, ex-nageur et père du champion, proximité qui garantit une plongée rare dans l’intimité du Toulousain. C’est d’ailleurs en partie « pour papa », et pour « montrer les doutes que l’on traverse en tant que sportif de haut niveau », que Léon Marchand a accepté les caméras qui le suivent à l’entraînement en Australie puis au Texas, dans les compétitions où il est devenu « l’homme à abattre », dans ses échappées belles en musique, véritable passion qu’il entretient en tentant la composition avec un des membres du duo électro The Blaze, dans ses exercices obligés de communication avec ses sponsors.
De plus en plus lui-même
Le chemin de l’après a certes été semé d’embûches – blessure et baisse de motivation – mais le champion l’a négocié avec son aisance naturelle, entre détachement apparent et certitudes bien mises. Si émergent de ces trois épisodes quelques moments touchants avec sa famille, l’ensemble ne révèle finalement pas grand-chose de la personnalité de l’athlète.
Dans une des ultimes séquences, Léon Marchand assure que ce travail face aux caméras lui a permis d’être de plus en plus lui-même, ajoutant avec un petit rire d’esquive « mais là, on part dans un truc… ». C’est dans ce truc-là, justement, que le documentaire ne plonge jamais vraiment, même si le portrait reste plaisant.
Auteur: Jean-Luc Ferré
