Désarmer l’IA
Dans cette première encyclique, le pape Léon propose non pas une simple réflexion sur les développements numériques en cours mais bien plus une vaste analyse de notre monde façonné par l’intelligence artificielle (IA) avec, au cœur de son propos, la protection de la dignité humaine.
« Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain » (§ 110), tel en est sans doute l’axe fondamental. « La tâche, aujourd’hui, n’est pas seulement éthique ou technique », à ses yeux : « Elle est écologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre maison commune. L’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible. »
Une demande de pardon pour l’esclavage et une mise en garde face à un nouveau colonialisme
Le pape met en garde face au risque de nouvelles formes d’esclavage et de colonialisme, « non moins honteuses que celles du passé » que peut générer l’économie numérique (celle-ci peut facilement devenir à ses yeux un « espace de prédation », notamment des données numériques permettant de contrôler les peuples). « Ne pas réagir avec fermeté ou tolérer de quelque manière que ce soit ces pratiques revient, dans une certaine mesure, à se rendre aujourd’hui complice des fautes commises hier, lorsque l’esclavage était justifié ou passé sous silence », lance-t-il dans un passage particulièrement fort. Pour rendre d’autant plus crédible cette mise en garde, Léon XIV demande pardon au nom de l’Église pour le retard avec lequel elle a, elle-même, condamné l’esclavage.
Le dépassement de la théorie de la « guerre juste »
Aujourd’hui, cette théorie est pour Léon XIV « trop souvent invoquée…
Auteur: Céline Hoyeau

