Le pape François, comme ses prédécesseurs, défendait les migrants et les migrations. Le nouveau pape, Léon XIV, originaire de Chicago aux États-Unis, a, lorsqu’il était évêque, partagé sur X des publications critiquant J. D. Vance et Donald Trump pour leurs positions anti-migrants. Maintiendra-t-il le cap ?
Les catégories politiques séculières sont parfois utilisées pour décrire les orientations du Vatican. Lorsque le pape François défendait les migrants, on suggérait qu’il était un pape « de gauche ». Aujourd’hui, on se demande si le pape Léon XIV peut adopter une orientation « progressiste », ou, au contraire, une philosophie de l’immigration différente de celle de François ?
Pour répondre à cette question, il est utile d’examiner ce que les papes successifs ont dit de l’accueil des étrangers. On peut constater qu’ils n’ont pas seulement défendu les migrants mais aussi un droit à l’immigration. Leur approche est universaliste et rejette toute discrimination.
Handout / Vatican media / AFP
Le Vatican défend un droit à l’immigration
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Vatican a déjà connu six papes. Le premier, Pie XII (1939-1958), semble favorable à l’immigration, encore plus que ne l’était l’Organisation des Nations unies. En effet, en 1948, lorsque l’ONU a adopté la Déclaration universelle des droits humains l’émigration était consacrée comme droit fondamental :
« Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien. »
Cette formule ne mentionne pas le droit d’entrer dans un pays qui n’est pas le sien. Or, le pape Pie XII interroge cette imprécision.
Dans son message de Noël 1952, il considère qu’elle aboutit à ce que :
« Le droit…
Auteur: Speranta Dumitru, Maitre de Conférences, Université Paris Cité

