La ferveur et le nombre dépassent toutes les attentes. On ne prend donc aucun risque à l’écrire avant même la fin de cette visite papale : la déferlante d’enthousiasme qui accompagne Léon XIV de Paris à Lourdes et ce lundi à Metz va marquer durablement les mémoires. Les catholiques, habitués – parfois résignés – à susciter indifférence sinon hostilité, éprouvent une joie légitime à voir leur foi, centre de leur vie, se trouver pour un temps bref au cœur de l’attention du pays. Dans tous les médias, cette liesse suscite des commentaires sympathiques. Du moins, jusqu’à ce que chacun prenne la peine de s’arrêter attentivement sur les propos tenus par le pape au long de sa visite.
Le « paradis des machines », un danger existentiel
Car l’Évangile n’a jamais été un conte pour enfants. Dans ce style que l’on découvre encore, mélange de douce fermeté et de radicalité tranquille, Léon délivre une parole aussi claire que tranchante, à destination non seulement des croyants, mais aussi d’une époque qui court le risque de l’égarement à force d’assèchement spirituel. Aux apôtres de la civilisation de l’efficience, il rappelle que le « paradis des machines » constitue pour notre « magnifique humanité » un danger existentiel. Au dévoiement de la laïcité en uniformité, il oppose le courage d’une acceptation authentique des différences.
Et à ceux qui estiment définitivement tranché le débat sur la mort programmée après le vote de juillet, il adresse cette vérité héritée des Lumières : « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. » Ces paroles vont susciter la controverse. C’est tant mieux, c’est sûrement l’effet recherché. Le pape l’a d’ailleurs rappelé dès son arrivée vendredi à l’Élysée. L’État, les institutions religieuses – et avec eux, les chrétiens, citoyens comme les autres – ont tout à gagner à…
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