L’épandage par drones en France
Depuis 2011, la pulvérisation aérienne de pesticides est interdite en France. Mais en 2018, la loi EGalim a ouvert une expérimentation de trois ans (2019-2021) ciblée sur les parcelles en forte pente, les bananeraies et les vignes mères, limitée aux produits de biocontrôle, aux produits autorisés en agriculture biologique et aux produits à faible risque.
Suite à cette expérimentation, la loi n° 2025-365 du 23 avril 2025, portée par le député Jean-Luc Fugit (EPR, Rhône) et adoptée au Sénat par 237 voix pour et 97 contre, a pérennisé l’usage des drones pour ces cas spécifiques. En métropole, la mesure « concerne surtout certains vignobles, notamment dans le Beaujolais, l’Alsace ou les Pyrénées-Orientales », expliquait Henri Cabanel, sénateur (Parti socialiste) de l’Hérault et rapporteur du texte au Sénat.
« Certes, il s’agit en général de molécules moins dangereuses, mais il peut y avoir des risques pour les milieux ou la santé humaine. Par exemple, pour l’huile de paraffine, l’EFSA a identifié des risques inacceptables pour les milieux aquatiques, notamment pour les invertébrés », explique Pauline Cervan, toxicologue chez Générations Futures, pour La Relève et La Peste.
Du 2 au 23 avril 2026, le ministère de l’Agriculture a lancé une consultation publique en toute discrétion, dans l’objectif d’appliquer cette loi. « Il n’y a eu aucune communication sur cette consultation publique, on a été alertés au tout dernier jour. La consultation est close mais on n’a pas accès aux commentaires comme c’est normalement le cas, ni au nombre de personnes ayant contribué. C’est un manquement démocratique insupportable, à l’image du Ministère de l’Agriculture », dénonce Pauline Cervan.
Parmi les points d’inquiétude dans le projet d’arrêté : les drones pourront voler à une hauteur de 3 mètres et une vitesse de 18 km/h, à une distance de…
Auteur: Laurie Debove

