L’épouvantail de la dette publique

L’épouvantail de la dette publique est une nouvelle fois agité pour justifier le retour de l’austérité. Or l’endettement est l’acte élémentaire de tout agent économique qui emprunte auprès des épargnants ou des banques pour financer ses investissements. Sait-on que le taux d’endettement privé dépasse 160 % du PIB ? Lorsqu’un ménage qui dispose d’un revenu annuel de 50 000 euros emprunte 100 000 euros pour acquérir un logement, son taux d’endettement est de 200 %. Les mois difficiles, il subit des découverts bien supérieurs à 3 % de son revenu. Les entreprises du CAC 40 comptent elles-mêmes parmi les plus endettées pour financer leurs investissements et autres opérations de fusions-acquisitions.


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L’État n’a quant à lui aucune difficulté à emprunter à des taux d’intérêt réels qui restent bas (compte tenu de l’inflation) pour payer ses échéances. Lorsqu’elles sont anticycliques, ses dépenses soutiennent la reprise, qui engendre des recettes fiscales permettant de dégonfler le stock de dette. Ainsi, le « quoi qu’il en coûte », financé à taux négatifs grâce aux programmes de rachat de dettes publique et privée par la Banque centrale européenne, a relancé une croissance atteignant 6,4 % en 2021.

Alors que le stock de dette publique culminait à 118,5 % en 2020 lors de la crise sanitaire, il se dégonflait de 6 points en un an à la suite de la relance, pour redescendre début 2022 à 112 % du PIB, avant que le gouvernement ne commette l’erreur de suspendre prématurément les mesures de soutien.


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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc