L’ère du capitalobscène

En 1902, l’économiste John A. Hobson crée le terme d’impérialisme pour critiquer la domination britannique dans le monde. Le socialiste autrichien Rudolf Hilferding l’utilise en 1910 pour montrer la fusion du capital industriel et du capital bancaire et financier. Lénine s’inspire des deux pour écrire en 1916 L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, qui tente par l’exportation de capitaux de contrer la baisse tendancielle du taux de profit au fur et à mesure que la création de plus-value par la force de travail évolue moins vite que les investissements matériels.

Aujourd’hui, les contradictions socio-économiques, écologiques et politiques se conjuguent.

Mais, trois ans auparavant, en 1913, Rosa Luxemburg avait innové par rapport à l’analyse marxiste traditionnelle de Lénine en montrant que l’accumulation du capital exige deux choses : l’anticipation par le crédit bancaire de la plus-value pour que le capital puisse vendre son équivalent de marchandises et le transformer en profit monétaire ; et l’élargissement constant de la sphère du capital en intégrant de gré ou de force des secteurs et des territoires extérieurs à elle-même. De là résultent l’expansion coloniale, qui connaît un bond au XIXe siècle, et les formes modernes de l’impérialisme. La conquête de nouveaux espaces, notamment entre la France et l’Allemagne, fut l’une des causes de la Première Guerre mondiale.


Sur le même sujet : « L’universalisme européen sert à justifier l’impérialisme »

Les fondements de cette analyse sont restés pertinents pendant tout le XXe siècle mais ont intégré le fait que, en plus d’une domination économique des pays capitalistes développés sur les autres, s’exerçait une domination politique et culturelle….

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Auteur: Jean-Marie Harribey

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