Il est un peu plus de 8h30 quand Rose, couteau à la main, se lance dans la récolte de salades. Sous une serre d’un demi-hectare, elle travaille depuis deux mois aux Jardins du Ricotier, à Fenouillet, au nord de Toulouse. Comme douze autres personnes, elle bénéficie d’un contrat d’insertion sur le site, ce qui lui permet de renouer avec l’emploi, l’autonomie et la stabilité. « J’étais perdue avant ce contrat. J’ai découvert le maraîchage et cela me passionne, je ne sais vraiment pas ce que je ferais si je perdais cet emploi », raconte-t-elle.
Mais depuis la fin de l’année 2023, le groupement Cocagne de Haute-Garonne, dont fait partie le Jardin du Ricotier, est en péril. Privé de subventions européennes, le projet voit sa stabilité financière compromise et 140 emplois pourraient être supprimés. Cette antenne territoriale fait partie du réseau national Les Jardins de Cocagne, qui a vu le jour il y a plus de trente ans pour produire des fruits et légumes bio, locaux et solidaires.
Remboursement de subventions déjà versées
En décembre, le conseil départemental a annoncé le retrait de 500 000 euros de subventions destinés au groupement, via le Fonds social européen (FSE). Cette brutale diminution s’explique par une diminution des budgets alloués par l’Union européenne. « L’enveloppe du FSE gérée par le conseil départemental s’élève à 1,2 million d’euros et dix-huit structures ont répondu à l’appel à projet. La demande du groupement Cocagne représente à elle seule une demande de 1,08 million d’euros, qui n’a donc pu être satisfaite dans sa totalité », se justifie le département dans un communiqué.
La Haute-Garonne réclame aussi le remboursement de subventions déjà versées, évoquant « un contrôle lié à l’utilisation inadaptée des fonds européens ». Mis bout à bout, cela représente une perte de 850 000 euros pour Cocagne Haute-Garonne. « On ne peut évidemment…
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Auteur: Justin Carrette

