Les ultrariches brûlent la planète à une vitesse vertigineuse. Aussi évident soit-il, ce constat donne le vertige dès lors qu’on se penche sur les chiffres. Publié par Oxfam le 29 octobre, un rapport dévoile le poids écrasant des plus grandes fortunes de ce monde dans la répartition des émissions de gaz à effet de serre.
Prenons une balance. Une personne parmi les 0,1 % les plus riches — percevant en moyenne 1,46 million d’euros par an — émet quotidiennement plus de 800 kg d’équivalent CO2. À l’inverse, l’aiguille descend à moins de 2 kg de CO2 par jour pour un individu appartenant aux 50 % les plus pauvres de l’humanité — dont le revenu moyen avoisine les 54 euros par mois.
Intitulée « Pillage climatique : comment une puissante minorité plonge le monde dans le chaos », cette étude calcule la vitesse à laquelle le mode de vie à forte empreinte des ultrariches dilapide notre budget carbone à tous. Ce budget correspond à la quantité maximale de CO2 pouvant encore être rejetée dans l’atmosphère : s’il est dépassé, alors le seuil de réchauffement de la planète de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, tel que défini par l’Accord de Paris, sera franchi… et la catastrophe climatique plus rude encore.
Au rythme actuel d’émissions, cette enveloppe sera épuisée d’ici seulement trois ans. Un chiffre déjà alarmant en tant que tel. Seulement, si chacun des huit milliards d’êtres humains polluait autant que les 0,1 % les plus riches, ce budget serait à sec en moins de trois semaines.
Pour entrer dans les clous de l’Accord de Paris, et atteindre l’objectif de 2,8 tonnes de CO2 par personne et par an en 2030, cette élite économique devra donc réduire ses émissions de… 99 % d’ici cette date. À titre de comparaison, les 50 % des Français les plus pauvres consomment pour l’heure 3,8 tonnes annuelles. « L’essentiel de l’effort ne doit donc pas…
Auteur: Emmanuel Clévenot

