Ces dernières années, les ultra-riches ont occupé une place centrale dans le débat public. Et pour cause, les 500 familles les plus riches ont vu leur fortune passer de 14 % à 42 % du PIB entre 2010 et 2024. Mais cette focalisation peut brouiller la perception de ce qu’est réellement la richesse.
Dans son quatrième « Rapport sur les riches en France », publié le 2 juin, l’Observatoire des inégalités fixe le seuil de richesse – sur la base des revenus – à 4 292 euros par mois après impôts pour une personne seule. Pour un couple sans enfant, il s’élève à 6 438 euros, et à 10 730 euros pour un couple avec deux adolescents. Au total, ce sont 4,8 millions de personnes qui vivent au-dessus de ce seuil, soit 7,5 % de la population française.
Ces seuils correspondent au double du revenu médian de la population française. Une fois ce palier franchi, « 5 % touchent plus de 4 905 euros par mois pour une personne seule et 1 % gagne plus de 7 512 euros après impôts ». Pour appartenir au 0,1 % – les ultras-riches, qui comptent environ 80 000 individus –, il faut gagner plus de 19 514 euros par mois.

Le patrimoine, véritable moteur des inégalités
Selon l’Observatoire, qui établit le seuil de richesse en patrimoine à 820 400 euros, 3,4 millions de ménages sont riches en patrimoine, soit 11 % de la population. Parmi eux, 6,5 % sont millionnaires. Une proportion bien plus élevée que les ménages s‘acquittant de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui n’en concerne que 0,6 %.
Les inégalités liées au patrimoine sont encore plus marquées que celles des revenus. Ayant généralement vocation à être conservé, valorisé et transmis, le patrimoine constitue un important vecteur d’accumulation intergénérationnelle.
Selon le rapport, les 10 % des ménages les plus fortunés détiennent à eux seuls 48 % du patrimoine total des Français, tandis que les 50 % les moins dotés n’en possèdent que 7 % –…
Auteur: Louis Laratte

