Les interactions humaines sont complexes, et peuvent entraîner leur lot de déception. Il peut arriver, par exemple, qu’un proche ne réponde pas à notre détresse ou à notre joie comme on pouvait s’y attendre. Les accidents de communication, ça arrive !
La psychiatrie nous enseigne toutefois que si ces accidents se multiplient avec une même personne, la raison pourrait en incomber, moins à un manque de bonnes intentions de notre interlocuteur, qu’à une altération de sa cognition sociale.
Un nombre croissant d’études établissent en effet un rapport entre la cognition sociale et différentes affections psychiatriques. Des comportements qui vont de soi pour la plupart des gens, comme démontrer de la sollicitude à quelqu’un qui exprime sa tristesse, peuvent être absents chez certains.
Pour certains, une situation ou une interaction pourtant élémentaire peut donner lieu à une interprétation erronée, et incidemment à un comportement déplacé ou non adéquat. La multiplication de ces sortes d’erreurs peut être due à une atteinte chez l’individu d’une compétence cognitive centrale en la matière : la cognition sociale.
Elle concerne principalement la capacité à décoder les émotions ainsi qu’à comprendre les croyances et les intentions des gens qui nous entourent. Déterminer si cette compétence cognitive est affectée par une maladie ou un trouble psychiatrique est donc essentiel, puisqu’il est alors possible de répondre adéquatement aux problèmes rencontrés, et ainsi de limiter ses effets néfastes.
Un champ de recherche émergent
Professeure adjointe en Psychiatrie à l’Université McGill, je mène des recherches sur les troubles psychiatriques afin d’étudier les troubles cognitifs, leurs impacts et leurs solutions possibles. Mes travaux s’inscrivent à cet égard au sein d’un champ de recherche de plus en plus important qui s’intéresse aux rapports qui existent entre les troubles de la…
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Auteur: Raucher-Chéné Delphine, Professeur adjointe en Psychiatrie, McGill University

