Les « actions cachées » engagent des régions cérébrales liées à la motricité alors qu’on reste immobile. Cette plasticité des neurones, qui renforce les liens entre le cerveau et les muscles, n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais ces processus cognitifs pourraient, dans le futur, se révéler précieux pour optimiser des gestes sportifs ou encore favoriser la rééducation après une blessure.
En bout de piste, un sauteur en longueur se prépare pour son dernier essai. La médaille est en jeu. Avant de s’élancer, il répète mentalement sa course d’élan, les premières foulées, l’accélération, l’impulsion et la réception dans le sable. Il rouvre les yeux, et c’est parti !
Une jeune joueuse de volley-ball assiste à un match de son équipe préférée. Elle observe la posture des joueuses en attaque et en défense, la manière dont elles se déplacent. Elle comprend la tactique annoncée et s’attend à ce que son équipe marque. Elle apprend en observant !
L’être humain possède l’extraordinaire capacité d’imaginer ses propres mouvements, de comprendre les actions d’autrui par la simple observation, ou encore de communiquer et transmettre ses actions par l’écriture et la lecture.
Activation du cerveau sans bouger
Tous ces processus cognitifs engagent des régions cérébrales liées à la motricité, alors même que l’on ne bouge pas. Ils peuvent être identifiés sous le terme d’« actions cachées ». Même si on est immobile, certaines parties de notre cerveau, normalement actives pendant nos actions, le sont également pendant les actions cachées, telles que l’imagerie motrice, l’observation d’action ou encore le langage d’action.
L’imagerie motrice correspond au fait de se représenter mentalement, de façon consciente, un mouvement, sans l’exécuter physiquement. Les modalités basées sur les sens permettent de se représenter une action. Les deux principales sont le visuel…
Auteur: Carol Madden-Lombardi, Chargée de recherche, Université Bourgogne Europe

