L’ESSENTIEL
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Pendant longtemps, être agriculteur signifiait avant tout être enfant d’agriculteur.
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Ce n’est plus le cas aujourd’hui et l’arrivée d’investisseurs extérieurs dans le secteur suscite diverses craintes.
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Mais la fin de l’agriculture familiale est-elle vraiment inéluctable ?
Qui nourrira la France demain ? Cette question se pose de plus en plus alors que de nombreux agriculteurs partent en retraite sans être remplacés par leurs enfants, comme ce fut, jusque-là, souvent le cas. Dans ce contexte, et alors que les instabilités géopolitiques rappellent la nécessité d’une souveraineté alimentaire, un risque inquiète de plus en plus : celui d’une prise de contrôle de l’agriculture par des investisseurs extérieurs agissant de manière mercantile.
Alors, l’agriculture familiale est-elle définitivement derrière nous ? Qui pour reprendre les fermes de demain et comment ? Tâchons de faire le point.
Un modèle familial en perte de vitesse
L’agriculture française a été pendant longtemps familiale, c’est-à-dire que les enfants des exploitants reprenaient les exploitations agricoles. Ce modèle familial garantissait un transfert des biens et des savoirs entre générations.
Mais ce modèle s’érode d’année en année. D’après un rapport de Terra Nova publié en 2024, les installations hors cadre familial intervenues depuis 2010 représentent 34,3 % des installations alors que ce chiffre était de l’ordre 22,7 % avant 2010.
Les raisons sont multiples : variabilité des revenus, contraintes réglementaires, pénibilité du travail, prix des exploitations agricoles, disponibilité du foncier, images des agriculteurs relayées par certains médias, discours teintés de pessimisme des syndicats, besoin d’exercer un autre métier avant éventuellement de revenir… Ces facteurs agissent comme des freins pour des jeunes qui connaissent la réalité du monde agricole, laissant le champ libre à…
Auteur: Roland Condor, Titulaire de la chaire « Modèles entrepreneuriaux en agriculture », EM Normandie
