Capesterre-de Marie-Galante (Guadeloupe), reportage
Sur la plage de l’anse Feuillère, Samuel, souffleur installé sur le dos, expulse des algues brunes qui entachent le sable doré devant le Dantana Beach. Le restaurant est à 4 ou 5 mètres de l’océan et son eau cristalline. « Je fais ça 2 à 3 fois par semaine pour retirer les sargasses échouées. Aujourd’hui, j’ai de la chance. Il n’y en a pas beaucoup. Mais la semaine dernière, on distinguait à peine le sable. L’odeur d’œufs pourris remontait jusqu’en haut du morne [la coline] », nous confie-t-il. Les sargasses, ces algues brunes, Samuel les connaît bien. Il vit à Capesterre-de-Marie-Galante depuis dix-huit ans, mais il a « quitté le bourg il y a deux ans à cause de ça ». « Maintenant, je suis à la campagne, et je respire mieux. »
C’est que la commune de Capesterre-de-Marie-Galante est celle qui souffre le plus en Guadeloupe des échouements de sargasses, devenus réguliers. Selon les années, l’île aux belles eaux reçoit entre 30 000 et 50 000 tonnes de sargasses sur ses plages depuis 2011, selon une mission d’information flash menée par Olivier Serva, député de la Guadeloupe (Liot), et Mickaël Cosson, député des Côtes-d’Armor (Les Démocrates). 40 % d’entre elles arrivent directement à Capesterre-de-Marie-Galante en partie à cause du port de la ville. Ce dernier crée une cuvette qui conserve les algues sur le littoral.
Un chiffre colossal pour une petite commune de 3 500 habitants qui se vide petit à petit. « Depuis les premiers échouements, Capesterre a déjà perdu 6 % de sa population », déplore Jean-Claude Maës, maire de la ville. Dans le bourg, les maisons et commerces abandonnés sont légion. Au détour d’une rue, un homme nous confie que la seule raison qui le pousse à rester ici, c’est qu’il ne peut pas vendre sa maison.
« Tous nos équipements électroménagers tombent systématiquement en…
Auteur: Ludovic Clerima, Sandrine Gueymard

