Les algues vertes, fossoyeuses du vivant

La température a baissé de quelques degrés en cette journée de juin. Les joggeurs courent sur les hauteurs de la plage de la Grandville à Hillion et quelques marcheurs promènent leur chien. Des touristes s’arrêtent pour jeter un œil sur la baie de Saint-Brieuc. La plupart font rapidement demi-tour : une forte odeur d’œuf pourri envahit instantanément les narines. Elle provient des algues vertes qui s’échouent au gré des marées, sèchent, se décomposent au fil des jours et dégagent de l’hydro­gène sulfuré (H2S), un gaz potentiellement mortel. Sur le sable, certains tentent de lézarder au soleil. Des empreintes de sabots de chevaux croisent les traces de roues des quelques camions-bennes chargés de ramasser ces fameuses algues vertes. À l’entrée de la plage, des panneaux mettent en garde sur le « danger temporaire » lié au « dépôt d’algues en putréfaction ». Un écriteau donne quelques consignes de sécurité, sur un autre sont colorées en jaune et en rouge des zones de la plage auréolées d’un symbole sens interdit. « Ce n’est pas qu’une question de danger mais bien de destruction totale de tout ce qui vit dans ces zones ! Depuis cinquante ans, rien n’a changé malgré les alertes », déplore Yves-Marie Le Lay, en accrochant son détecteur de gaz au rebord de sa botte en caoutchouc.

Yves-Marie Le Lay, président de l’association Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre, vérifie le taux d’hydro­gène sulfuré dans les sols. (Toutes photos du reportage : Maxime Sirvins.)

L’une des mesures révèle un taux d’hydro­gène sulfuré à 474 ppm. Précision : le détecteur est plafonné à 500 ppm. À ce niveau, on observe des symptômes neurologiques pouvant conduire à la mort.

Les algues deviennent dangereuses lorsqu’elles stagnent sur la plage et forment une croûte blanche qui accélère la décomposition de la matière…

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Auteur: Vanina Delmas

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