Les algues vertes grignotent la Bretagne et le vivant

La température a baissé de quelques degrés en cette journée de juin. Les joggeurs courent sur les hauteurs de la plage de la Grandville à Hillion et quelques marcheurs promènent leur chien. Des touristes s’arrêtent pour jeter un œil sur la baie de Saint-Brieuc. La plupart font rapidement demi-tour : une forte odeur d’œuf pourri envahit instantanément les narines. Elle provient des algues vertes qui s’échouent au gré des marées, sèchent, se décomposent au fil des jours et dégagent de l’hydro­gène sulfuré (H2S), un gaz potentiellement mortel. Sur le sable, certains tentent de lézarder au soleil.

Des empreintes de sabots de chevaux croisent les traces de roues des quelques camions-bennes chargés de ramasser ces fameuses algues vertes. À l’entrée de la plage, des panneaux mettent en garde sur le « danger temporaire » lié au « dépôt d’algues en putréfaction ». Un écriteau donne quelques consignes de sécurité, sur un autre sont colorées en jaune et en rouge des zones de la plage auréolées d’un symbole sens interdit. « Ce n’est pas qu’une question de danger, mais bien de destruction totale de tout ce qui vit dans ces zones ! Depuis cinquante ans, rien n’a changé malgré les alertes », déplore Yves-Marie Le Lay, en accrochant son détecteur de gaz au rebord de sa botte en caoutchouc.

Gaz toxique

Quand il organise des expéditions sur ces zones, le président de l’association Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre ne plaisante pas avec le protocole : bottes obligatoires, deux détecteurs de gaz portable, une pelle et un masque à gaz qui protège aussi les yeux. « Je vérifie le taux de H2S, et ensuite vous pourrez venir. Suivez-moi bien, car si vous faites un pas de côté, vous pouvez crever une poche de gaz toxique ! Si ça sonne à 20 ppm [partie par million], normalement il faut dégager tout de suite. » Une haute dose de prudence nécessaire.

Algues Vertes, le film

Après…

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Auteur: Vanina Delmas (Politis)

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