Les ambitions démesurées du RN pour le SNU, « machine à créer de bons petits Français »

Déception. C’est le sentiment qui traverse les cadres du Front national, le 27 juin 2018, quand Emmanuel Macron esquisse enfin les grandes lignes du service national universel (SNU) après un an d’hésitation. Quelques mois plus tôt, le parti d’extrême droite avait salué les premières présentations du dispositif, dont la durée s’imaginait à l’époque sur trois mois. « Une mesure de bon sens », avait commenté l’actuel président du RN, Jordan Bardella, alors porte-parole. Mais au début de l’été, lorsque le gouvernement réduit finalement la voilure du SNU à un mois – aujourd’hui, il dure 12 jours – c’est la colère parmi les rangs frontistes.

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais, souffle : ce SNU « ne rime à rien ». « L’idée d’un service national est une bonne idée, mais il faut au moins 3 mois », préconise-t-elle. Le but de ces trois mois ? « Apprendre à nos jeunes tout ce qu’on veut leur apprendre : l’amour de la nation, le mélange des classes sociales, le patriotisme, éventuellement la maîtrise des armes. »


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Le parti s’empresse de publier une déclaration officielle. Le lendemain, un communiqué est mis en ligne : « Comme toujours avec le gouvernement, la présentation du nouveau service national universel laisse sur sa faim. Ce qui aurait pu être au départ une bonne idée est une fois encore totalement dévoyé », se lamente le RN.

La missive s’achève sur ce que les Le Pen ont toujours défendu : le rétablissement d’un service national obligatoire. Le détail est donné juste après : il serait « d’une durée impliquant une véritable rupture avec le quotidien,…

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Auteur: Hugo Boursier

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