« J’ai ressenti de la sidération. Son visage était partout, c’était toujours la même photo en plus. » Assis sur un banc au Jardin des plantes, dans le centre de Toulouse, Thomas, Simon et Greg se rappellent des quelques jours qui ont suivi le 26 octobre 2014 et la mort de leur ami, Rémi Fraisse. Ce botaniste de 21 ans s’était rendu à Sivens, dans le Tarn, pour soutenir la lutte contre un projet de barrage.
Alors qu’il était venu pour s’informer sur cette lutte en cours et participer à un événement familial et festif où les forces de l’état ne devaient pas se trouver, Rémi a été tué durant la nuit par le jet d’une grenade offensive qui s’est logée au niveau de sa nuque, entre son sac à dos et sa capuche.
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« C’était dur d’accepter la réalité », explique Simon, qui faisait partie, avec Rémi, d’un groupe d’amis d’une quinzaine de personnes, tous et toutes originaires d’un village à quelques kilomètres de Toulouse. « Il y a énormément de choses à dire sur la façon dont cela a été traité dans la presse. Rémi a été présenté comme un militant violent, qui transportait un cocktail molotov dans son sac. On savait que c’était faux, on connaissait Rémi, mais c’était extrêmement violent pour nous d’entendre tout cela. »
À côté de Simon, Thomas fait aussi partie de ce groupe d’amis qui ont désormais tous et toutes la trentaine. « On a senti que l’opinion publique et les médias sous-entendaient que Rémi était un militant violent et que, d’une certaine manière, il avait bien mérité ce qui lui était arrivé. »
Jointe par téléphone, Manon, qui habite désormais Montpellier, avait bu un verre avec Rémi à Toulouse, la veille de sa mort. Dans la foulée, elle s’est envolée à l’étranger pour poursuivre ses études. « Je venais d’arriver en…
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Auteur: Justin Carrette

