Les amis, notre nouvelle famille ?

Notre modèle de société peut-il se penser différemment, échapper au carcan familial ? Les récentes évolutions autour du mariage homosexuel, de la PMA ou de l’adoption montrent une recomposition des liens sociaux. L’amitié y joue un rôle crucial et éminemment plus politique que l’on ne l’imagine. Premier article de notre série Le monde qui vient.


Se pacser avec une amie, partager un lieu pour vivre, acheter à plusieurs, élever des enfants ensemble ou passer sa vieillesse entre amis : des initiatives se multiplient hors du modèle du couple hétérosexuel. La famille traditionnelle est désacralisée et fragilisée.

L’amitié participe de sa recomposition avec la liberté de se réinventer en dehors d’une conjugalité exclusive. Longtemps marginalisée au profit l’amour, l’amitié connaît un rebond autant sur le plan des pratiques que dans l’imaginaire contemporain.

Mais s’agit-il de donner de l’importance à des relations qui ne sont pas reconnues officiellement, de les protéger juridiquement, de créer de nouveaux droits relationnels ou d’inventer une nouvelle politique de l’amitié ?

L’amitié pour renforcer le lien civique

Aristote pensait que l’amitié constituait avec la justice le ciment des relations sociales et du lien civique de la cité.

Pour renforcer ce lien, certains ont voulu associer l’amitié à des obligations de nature juridique. Sous la Révolution française, Saint-Just écrit en l’an II (1793-1794 mais de publication posthume), ses Institutions Républicaines. Dans un chapitre intitulé Les affections, concernant les institutions civiles, il déclare : « celui qui ne croit pas à l’amitié est banni. »


Comment habiter ce monde en crise, comment s’y définir, s’y engager, y faire famille ou société ? Notre nouvelle série « Le monde qui vient » explore les aspirations et les…

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Auteur: Anne Vincent-Buffault, Chercheuse, historienne, Université Paris Cité