Les amitiés d’enfance : une éducation sentimentale décryptée par la sociologie

« Qui se ressemble s’assemble », dit le proverbe. En matière d’amitiés enfantines, la règle se vérifie : c’est avec des camarades de même âge, de même sexe et partageant les mêmes activités que les enfants sympathisent en priorité. Mais comment ces codes sociaux se mettent-ils en place ? Comment les enfants les racontent-ils et de quelle manière les adultes y contribuent-ils ?

Auteur d’une thèse sur « L’enfance des sentiments », Kevin Diter a passé près de mille heures à observer les dynamiques des cours de récréation et à écouter filles et garçons évoquer leurs perceptions de l’amitié et de l’amour. Retour sur ses résultats de recherche.


Dans vos travaux, vous expliquez que l’amitié est au cœur de la vie des enfants. Quelle définition en donnent-ils ?

Kevin Diter : De manière générale, les amis, aux yeux des enfants, ce sont les personnes avec qui ils s’entendent le mieux et partagent le plus d’activités, ceux avec qui ils ont la plus grande proximité. Par rapport à l’amour, l’amitié, selon eux, concerne principalement des enfants de même sexe. Au-delà de ces conditions – être du même sexe donc, du même âge également et avoir des centres d’intérêt communs – il faut qu’il y ait réciprocité.

Comme je le racontais dans un article de la revue Genèses sur les « vrais copains », les garçons qui ne soutiennent pas leurs amis lors d’un jeu de foot, par exemple, vont vite se faire rappeler à l’ordre. Si on est meilleurs copains, on pense la même chose, on s’épaule quoi qu’il en soit. Chez les filles, j’ai constaté des ruptures d’amitié dans le cas où certaines partageaient leurs secrets et pas les autres.

Avoir des copains, c’est important en général parce que l’enfance, pour eux, c’est fait pour s’amuser et on ne s’amuse que lorsqu’on est entouré de gens avec qui jouer, rigoler, partager justement ces mêmes activités qui font devenir…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Kevin Diter, Maître de conférences en sociologie, Université de Lille