L’ESSENTIEL
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Résidences, ateliers, séminaires : les entreprises font de plus en plus appel à des artistes pour stimuler la créativité de leurs équipes.
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La créativité ne se transmet pas comme une méthode. Mieux vaut en être conscient avant de se lancer.
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Ces rencontres fonctionnent surtout lorsqu’un intermédiaire construit un espace où les salariés se sentent autorisés à créer.
« Qu’importe leur valeur ? La muse est toujours belle… » – Alfred de Musset.
Depuis une vingtaine d’années, les résidences d’artistes, les ateliers de création et les séminaires artistiques se multiplient dans les organisations, ce que la recherche n’a pas manqué d’observer, à l’instar de Schiuma, de Taylor & Ladkin, ou plus récemment dans un ouvrage qui leur est consacré. Un plasticien vient travailler dans une usine, un metteur en scène anime un comité de direction, un musicien accompagne une équipe de recherche. L’objectif affiché est presque toujours le même : développer la créativité des salariés.
L’idée paraît aller de soi. Après tout, qui, mieux qu’un artiste, pourrait apprendre à être créatif ? Pourtant, cette intuition est loin de faire consensus dans la recherche. Artistes et managers ne poursuivent pas les mêmes objectifs, ne travaillent pas sous les mêmes contraintes et ne donnent pas le même sens au mot « créativité », ce qui a été synthétisé par Ancelin Bourguignon, Dorsett et Azambuja. Dès lors, comment une compétence développée dans un atelier pourrait-elle être transférée dans une entreprise ?
Deux créativités qui s’ignorent
C’est cette question que nous explorons dans notre article « Les conditions de l’interstice créatif. Comment la médiation des interventions artistiques en organisation active et légitime la créativité » (à paraître). Notre enquête repose sur 25 entretiens avec 11 dirigeants ou managers, 10 intermédiaires et 4 artistes…
Auteur: Pierre Poinsignon, Enseignant-chercheur, Burgundy School of Business
