Après le couvre-feu, les enfants arrêtés par milliers, voici la délation organisée par l’État. Il y a décidément un parfum d’années 1940 qui flotte sur la France, où le climat devient ouvertement pétainiste.
Ce mardi 20 septembre, le compte officiel de la préfecture de Paris publie : «Témoin de violences, de dégradations ou de pillages ces derniers jours ? Le Préfet de police a décidé de la création d’une plateforme dédiée. N’attendez pas : transmettez toutes vos images aux services de police».
Sébastien Lecornu présente le dispositif lors d’une conférence de presse et ricane : «Beaucoup de pilleurs sont des génies et ont la bonne idée de ne pas mettre de cagoules ou de masques». Il a raison, sous un régime autoritaire, il est essentiel pour tout·e opposant·e de masquer son visage lors de manifestations afin de protéger son identité. Au passage, les policiers de Lecornu sont tous cagoulés, pour éviter d’être identifiés lorsqu’ils commettent des crimes, c’est le minimum de faire pareil. Le premier ministre explique que «200 enquêteurs de la préfecture de police de Paris sont mobilisés pour analyser les vidéos» et que «des concitoyens pourront alimenter ces enquêtes».
C’est donc un outil spécialement créé pour dénoncer des contestataires auprès d’un pouvoir qui met en œuvre la plus grave répression depuis des décennies. Au passage, saluons la réactivité de la police et de la justice, et les moyens record mis en œuvre. Il y a encore quelques semaines, le même gouvernement nous expliquait qu’il n’y avait pas de moyens pour enquêter sur des milliers d’affaires pédocriminelles. On nous parlait d’une police en sous-effectif et de dossiers qui s’entassaient. Apparemment, Lecornu et ses copains ont trouvé plus de fonctionnaires pour traquer les manifestant·es que des violeurs d’enfants.
La délation est une vieille tradition française : sous la…
Auteur: B
