Malgré les interdictions de manifester, les intimidations et les 1500 policiers déployés, la « Turboteuf » contre la reprise des travaux de l’A69 a bien eu lieu. Aussi, un nouvel adjectif est apparu dans la bouche du pouvoir pour caractériser les personnes mobilisées : barbares. Bruno Retailleau aurait-il lu Constantin Cavafy, on peut en douter. Quoi qu’il en soit, quelques retours et réflexions sur le week-end.
J’écris sans avoir encore fait de revue de presse sur l’évènement auquel j’ai participé ce week-end. Il paraît qu’après avoir été des écoterroristes, des assistés,des preneurs d’otages au même titre que le Hamas, des étrangers, une minorité agissante, des anti-tout, des voyous, des escrologistes, des ultra-violents, des cheveux-mal-lavés, nous sommes maintenant des « barbares ». Répondre aux quolibets et fantasmes du pouvoir politico-médiatique ne m’intéresse pas. Je veux vous parler de nous, tel que je l’ai vécu et ressenti.
Une mante religieuse au pied des pneus, une araignée léopard sur la tente, une fleur de tilleul et son stipule qui tournoie avant le départ du carnaval des possibles.
Les assiettes colorées bien remplies et servies avec le sourire, des questions sur le dosage, le régime.
Les retrouvailles, le camaïeu de nos différences et des inconnu.es déjà reconnu.es. Les efforts pour accueillir plus de diversité. Une traduction en langue des signes, des tapis pour rouler.
Les claquements de doigts en guise d’applaudissement comme la musique de la pluie.
Cœur pour la fanfare, chorale et batucada.
J’aurai milles choses à écrire.
Discuter climat et autres constats. Une fois de plus, prendre conscience que c’est pire que ce que l’on pensait. Évoquer l’enfantement les larmes aux yeux.
Sourire et user l’humour, vulnérabilité à nue, aveux de dépression sociétale et de joie à être ensemble au présent.
Prendre soin, distribuer le serum phy et …
Auteur: dev

