Pour les partisans d’une réelle justice fiscale et sociale, il faut d’urgence mettre un frein à la « contre-révolution fiscale conservatrice » à l’œuvre depuis les années 1980 et en finir avec l’accumulation et à la concentration des richesses, donc des pouvoirs, au profit d’une infime minorité de plus en plus riche et puissante. Face à la demande de davantage de justice fiscale exprimée par une grande partie de la population, le pouvoir dramatise la question de la dette publique pour tenter d’imposer ses vues.
Une accélération de l’offensive conservatrice
Les conservateurs et néolibéraux ont toujours été hostiles à un modèle social financé par les recettes et les dépenses publiques. Ils préfèrent un modèle largement géré par le secteur marchand (fonds de pension, assurances santé et écoles privées, etc), sans se soucier de son coût ni des inégalités que celui-ci ne manquerait pas de creuser. Leur discours est simple : dénoncer le poids des prélèvements obligatoires, des dépenses publiques et de la dette publique, en arguant que les baisser favorisera la croissance et l’emploi.
Ce discours sert leur stratégie : faire pression sur les finances publiques, pour créer les conditions d’un recours à la privatisation de pans du système de protection sociale et des services publics. Et, s’il faut vraiment un système de prélèvements pour financer ce qu’il reste de services publics et de protection sociale, il faut qu’il porte essentiellement sur des impôts de type TVA.
Par conséquent, pour eux, il faut empêcher les projets qui, comme l’impôt plancher sur la fortune (la « taxe Zucman »), renforcerait la progressivité du système fiscal. Instaurer un tel dispositif marquerait en effet un coup d’arrêt à des années de détricotage de la progressivité fiscale et du modèle social. Les partisans de cette contre-révolution fiscale, qui ont déjà considérablement affaibli la fiscalité…
Auteur: Vincent Gath Drezet

