Pour les fêtes de fin d’année, une boule à neige géante a été installée sur la place Saint-Germain à Rennes. Elle attire les passants qui peuvent illuminer, en pédalant, le petit paysage d’hiver placé à l’intérieur. À Lyon, sur la place Bellecour, c’est la statue équestre de Louis XIV qui a été englobée dans une boule à neige pour la fête des Lumières. Alors, les boules à neige : mauvais goût ou poésie ?
Si des boules à neige sont vendues dans les magasins de décoration et de cadeaux à l’approche de Noël, on en trouve toute l’année dans les boutiques de souvenirs, souvent sans lien avec l’hiver et ses festivités. Qui n’a jamais vu l’un de ces globes de verre encapsulant un paysage, un personnage célèbre, un monument historique ou un objet du quotidien toujours immergé dans l’eau et qu’un simple geste peut recouvrir d’une pluie de flocons ? Il existe même des boules personnalisables, dans lesquelles on peut insérer l’image de son choix.
Le confinement imposé par la pandémie de Covid a éveillé chez l’historien Patrick Boucheron et l’artiste Mohamed El Khatib un intérêt particulier pour ces objets auxquels ils ont consacré un spectacle et un livre intitulés Boule à neige, « mise en abyme inattendue, mais poétique de nos vies sous cloche ».
Fourni par l’autrice
Comment expliquer la double impression de mauvais goût et de poésie suscitée par les boules à neige ? Pourquoi veut-on voir la neige tomber sur le portrait en pied de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud, sur des dromadaires au milieu du Sahara, sur une île des mers du sud ou sur une photographie de mariage, tout en affectant une certaine distance à l’égard de son propre…
Auteur: Marie-Cécile Schang-Norbelly, Maîtresse de conférences en littérature française du XVIIIe siècle, Université Bretagne Sud (UBS)

