Parasites se présente surtout comme un ouvrage clef pour réhabiliter la lutte des classes traditionnelle dans le discours populaire. Catégoriser les classes sociales par critères (grande bourgeoisie, bourgeoisie, petite bourgeoisie, sous-bourgeoisie, force de travail,…) a en effet l’avantage d’être pertinent et utile pour révéler les rapports de force encore en cours. Car une certaine élite qui ne date pas d’hier, déterminée à protéger et perpétuer ses privilèges, aidée par tous ses complices conscients et moins conscients, règne bel et bien sur les différents lieux de pouvoirs qui font notre modèle – un modèle délétère nous conduisant au pire de ce que nous savons produire d’injustices, d’inégalités, d’écocides, de mesures liberticides, et bien plus.
Nicolas Framont a bien voulu répondre à nos questions, qu’il emmène au-delà des premières incertitudes et inquiétudes théoriques, vers une véritable grille de lecture pratique et sérieuse pour, enfin, agir.
Bourgeois versus prolétaires : (re)définir une opposition historique
« Parasite : nom masculin. ”Organisme qui se nourrit strictement aux dépens d’un organisme hôte d’une espèce différente”. Les parasites ne sont pas ceux que l’on croit » Nicolas Framont
Mr Mondialisation : Selon vous, nous avons oublié de nommer le mal par son nom d’« inégalités sociales », et son remède en tant que « lutte des classes ». La bourgeoisie a été remplacée dans le discours par des ennemis plus impersonnels et insaisissables comme le « capitalisme », la « loi du marché », le « néolibéralisme », les « ultra-riches », le « patriarcat » ou bien la « Machine thermo-industrielle ». Or, en réalité, vous dites que les instigateurs de ces phénomènes sont toujours bien réels et ont des visages : ceux de la bourgeoisie, une élite dominante composée de véritables décideurs voués à protéger leurs propres intérêts au détriment de ceux…
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Auteur: Victoria Berni

