« Les bullshit jobs sont souvent des moyens de contrôler les autres salariés »

Le « bullshit job » – ou « job à la con » est une notion théorisée par le fameux anthropologue anarchiste David Graeber qui explique pourquoi on ne comprend pas l’utilité de nombreux métiers dans le tertiaire. Selon David Graeber, c’est « un boulot si inutile, absurde, voire néfaste, que même le salarié ne peut en justifier l’existence, bien que le contrat avec son employeur l’oblige à prétendre qu’il existe une utilité à son travail ».

Il soutient que, lorsque 1 % de la population contrôle la majeure partie des richesses d’une société, ce sont eux qui définissent les tâches « utiles » et « importantes ».

Résultat : la société méprise et sous-paie ses infirmières, chauffeurs de bus, jardiniers ou musiciens ‒ autant de professions authentiquement créatrices de valeur ‒ tout en entretenant toute une classe d’avocats d’affaires, d’actuaires, de managers intermédiaires et autres gratte-papier surpayés pour accomplir des tâches inutiles, voire nuisibles.

« Ces bullshit jobs remplissent en fait souvent des fonctions de contrôle et des fonctions morales. Dans les grosses entreprises, des départements entiers sont dédiés à contrôler, optimiser, commenter le travail des autres, plutôt que faire ce travail. Le fait qu’on se sente mal au travail, c’est une stratégie capitaliste », explique le sociologue Nicolas Framont, fondateur de Frustration Magazine.

Graeber classe ces emplois en plusieurs catégories :

  • Les larbins : des postes inutiles qui servent surtout à valoriser une hiérarchie.
  • Les porteflingues : des métiers dont l’industrie ne devrait même pas exister (ex. : certains télémarketeurs ou consultants).
  • Les ragueurs / répareurs : des personnes embauchées pour régler des inefficacités organisationnelles qui ne devraient pas exister.
  • Les cocheurs de case : des employés qui passent leur temps en paperasserie stérile pour donner l’illusion qu’une action…

La suite est à lire sur: lareleveetlapeste.fr
Auteur: Laurie Debove