« Qu’est-ce que c’est que cet état qui nous inculpe d’outrage et rébellion quand on se fait frapper et insulter ? »
Un manifestant lycéen lors du soulèvement contre la loi Fillon en 2005.
En 1229, à Paris, suite à des altercations pendant les fêtes de Carème, les sergents royaux s’en prennent violemment à des escholiers de l’université, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés. En réaction, les escholiers et professeurs déclenchent un mouvement de grève qui durera deux ans, ponctué d’affrontements qui feront quelques 300 morts dans les rangs des protestataires. Ce soulèvement s’achèvera par une victoire des insurgés obtenant un statut de large autonomie et des « privilèges » pour l’université parmi lesquels le droit de « suspendre les cours », c’est à dire de faire grève, droit qui n’était reconnu à nulle autre corporation. Les XIVe et XVe siècle seront marqués par de nombreux soulèvements étudiants pour défendre ces privilèges contre les tentatives des « autorités » royales et religieuses de les remettre en cause. Cette acquisition d’une certaine autonomie pour la communauté universitaire allait faire ce celle-ci la base pouvant accueillir et favoriser une fermentation intellectuelle bien plus libre que dans le reste de la société. Bouillonnement qui donnerait naissance à une démystification des dogmes et superstitions soutenant le despotisme aristocratique et contribuerait au renversement de celui-ci par la révolution.
Par la suite, les écoliers et étudiants prendront part largement aux soulèvements contre l’arbitraire des nouvelles féodalités oligarchiques et seront même souvent à l’origine des mouvements déclencheurs de ces soulèvements. De 1830 à 1968, à travers les barricades de 1848, la Commune de 1871, le Front Populaire de 1936, puis l’héroïque manifestation de 1940 contre les nazis et le gouvernement « collabo », cette fraction de la…
Auteur: dev
