Saint-Martin-de-Londres (Hérault), reportage
À l’ombre des platanes, la vieille dame écoute le clapotis de la fontaine, assise sur la margelle en pierre. Soudain, son petit chien noir se met à aboyer frénétiquement. Un danger ? Non, ce n’est qu’un berger belge qui traverse nonchalamment la rue. La septuagénaire replonge dans sa contemplation. À Saint-Martin-de-Londres, petit village de 2 800 âmes au pied du rocailleux pic Saint-Loup, les jours s’écoulent paisiblement. La localité pourrait toutefois bientôt figurer en tête du palmarès des communes les plus surveillées.
Le maire compte installer 25 caméras de « vidéoprotection », soit 1 appareil pour 112 habitants. C’est plus qu’à Nice, ville connue pour son zèle en la matière. Un cas symptomatique d’une tendance à l’œuvre sur tout le territoire : « On assiste à une explosion de la vidéosurveillance, en particulier dans les villages », constate Sam, du collectif Technopolice Montpellier.
« Répondre à un problème qui n’existe pas »
À Saint-Martin-de-Londres, l’histoire a commencé fin 2022. « Nous avons découvert le projet à la mi-décembre dans le journal de la mairie », se rappelle Emeline Sebert, élue d’opposition, issue d’une liste participative. Aucune délibération en conseil municipal, aucune réunion publique. Rapidement, le groupe informel des Habitantes Bien Veillantes s’est insurgé contre l’initiative. Pétition, tractage au marché, alerte dans les médias. « Les relations avec le maire ont été difficiles, voire impossibles, remarque Julie Rodriguez, membre du collectif. C’était comme si notre parole, nos arguments n’avaient pas de valeur. »
Des arguments, les Habitantes Bien Veillantes en ont pourtant à revendre. « Ce qui me révolte, c’est l’inutilité totale du dispositif au regard de la réalité de notre village, dénonce la conseillère municipale minoritaire. C’est dépenser de…
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Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

