Poitiers (Vienne), reportage
Quelle teinte de Vert pourra repeindre les murs de l’Élysée ? Pour s’accorder sur le ton, Europe Écologie — Les Verts (EELV) a posé ses valises, son université d’été et ses candidats au parc de Blossac à Poitiers du 19 au 21 août. Confortés par leurs scores électoraux en progression, pressés par l’urgence exigée par le 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et les catastrophes climatiques de l’été, les écologistes voulaient clore l’époque où ils n’étaient que force d’appoint au sein des gouvernements de coalition. « Nous n’allons pas à l’élection présidentielle pour faire bonne figure, mais pour gagner », a dit Julien Bayou. Pour le secrétaire du parti, les résultats des régionales apportent un « enseignement précieux » : « Nous avons fait de meilleurs scores dans les villes écologistes. Là où il y a un maire écolo, les électeurs en redemandent ! »
Il restait à se préparer au choix du ou de la candidate pour porter les couleurs écologistes à l’élection présidentielle. En lice : Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Éric Piolle et Sandrine Rousseau. Les cinq candidats seront départagés lors de la primaire des écologistes qui se tiendra du 16 au 28 septembre. Cette consultation en ligne complique la tâche pour déceler qui remportera l’investiture. Les Verts sont habitués aux favoris déçus et aux candidats surprises. Éva Joly plutôt que Nicolas Hulot en 2012, Yannick Jadot plutôt que Cécile Duflot en 2016.
Et pour 2022 ? Dans les travées, ateliers et apéros, les convaincus tentaient de rallier les indécis. « Piolle est le seul capable de coaliser la gauche française », affirmait Arun Chaudhary, ancien communiquant de Barack Obama débauché par le Grenoblois. « Seule la radicalité de Rousseau nous permettra de faire face au dérèglement climatique et aux crises sociales », rétorquait Sarah, soutien de l’écoféministe. « Il n’y a que Jadot de visible sur la scène nationale, les autres vont se faire souffler par Macron, Bertrand et Mélenchon », jugeait un convaincu du député européen.
Entre candidats, les petites phrases étaient bannies, les sourires de rigueur. Chacun s’affichait avec les autres pour une salutation du coude ou un entrechoc du poing. Tous promettaient de soutenir le candidat désigné par la primaire. Ce qui n’a pas empêché quelques crispations suscitées par la compétition. Quand l’arrivée d’Éric Piolle…
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Auteur: Moran Kerinec Reporterre

