Paris, reportage
Des fées, des fantômes, Zorro, des monstres, des zombies… Ce 31 octobre, des milliers de personnes ont manifesté en France pour l’« acte III » de la mobilisation sociale : 500 000 manifestants dans le pays, dont 200 000 à Paris selon les syndicats — 320 000 en France, dont 70 000 à Paris d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur. À l’appel des organisations lycéennes, étudiantes et syndicales, ainsi que des Gilets jaunes, les cortèges ont défilé contre la vie chère, pour la rénovation des lycées et l’amélioration des conditions d’apprentissage, entre autres. 70 000 policiers ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire.
En milieu d’après-midi, l’ambiance était bon enfant. La plupart des manifestants étaient venus déguisés, à l’occasion d’Halloween. À Paris, la manifestation a commencé de manière chaotique, le parcours initial (reliant Bastille à Nation) ayant été interdit par la préfecture. Cette dernière a obtenu gain de cause auprès du Conseil d’État, au terme d’une bataille judiciaire avec les syndicats. Le cortège parisien a dû se rabattre à la dernière minute sur un itinéraire autorisé bien plus excentré, entre les portes de Bagnolet et de Charenton.
La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a dénoncé une « nouvelle entrave au droit de manifester » — le 22 octobre, le président Macron avait déjà annoncé que les manifestations « faites par des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela » seraient interdites. « On est là dans la surenchère absolue », avait réagi auprès de Reporterre la présidente de la Ligue des droits de l’Homme, Nathalie Tehio, pour qui les mesures d’interdiction injustifiées sont « assez inquiétantes pour l’État de droit ».
Pas de quoi décourager les manifestants et manifestantes rencontrés par Reporterre, à Paris. Deux mois après le premier blocage…
Auteur: Mathieu Génon
