Les castors permettent de stocker dix fois plus de CO₂ dans les zones humides

On connaissait déjà son apport dans la lutte contre les sécheresses et les inondations, et son importance pour la biodiversité, mais le castor ne cesse de nous surprendre. Une étude publiée le 18 mars dans la revue Nature, Communications Earth and Environment nous apprend que les zones humides aménagées par les castors stockent jusqu’à dix fois plus de carbone que les milieux sans ces rongeurs.

Les chercheurs ont étudié pendant plus de dix ans un corridor fluvial suisse, c’est-à-dire la zone qui comprend le cours d’eau, les berges et les espaces alentours, comme les zones humides. En treize ans, ce corridor où vivent de nombreux castors a piégé près de 1 200 tonnes de carbone, soit dix tonnes par hectares et par an. En comparaison, un corridor sans les aménagements des castors stockerait seulement une tonne de carbone par an.

Avec leurs constructions, les castors créent un ralentissement de l’eau, ce qui favorise la sédimentation : le carbone, contenu dans la matière organique, se dépose ainsi plus facilement dans les sous-sols. Grâce à l’inondation des berges, la croissance végétale est plus forte, et le stockage du carbone plus important. À long terme, ces zones peuvent se transformer en puits de carbone.

Sur l’ensemble des corridors fluviaux propices à la présence de castors, ces zones humides pourraient compenser jusqu’à 2 % des émissions annuelles suisses de CO₂.

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