Curieux titre que celui-là. Il nous fait immanquablement penser à d’autres, par exemple L’Ennemi intérieur de Mathieu Rigouste. « Dans ce livre, écrivait celui-ci, nous tentons […] d’analyser à la fois la construction imaginaire de la menace dans l’institution militaire, la production de doctrines de surveillance et de répression et l’évolution des institutions chargées du contrôle intérieur depuis la fin de l’Empire français. » Il étudiait « l’évolution des figures de “l’ennemi intérieur” », depuis celle de l’indigène insurgé des guerres coloniales jusqu’à celles de l’immigré postcolonial puis du musulman (forcément islamiste donc terroriste) des années 2000. Les cathares et le catharisme auraient-ils été des « constructions imaginaires », inquiétantes « figures de l’ennemi » prétextes à la répression féroce de toute déviance par rapport au dogme catholique et à l’Église romaine ?
C’est, grossièrement résumée, la question que pose cet ouvrage, une question qui a fait l’objet de vifs débats entre historiennes depuis les années 1980, et particulièrement depuis la parution de l’ouvrage dirigé par Monique Zerner, Inventer l’hérésie ? Discours polémiques et pouvoirs avant l’Inquisition. Voici ce qu’écrit Arnaud Fossier dans son deuxième chapitre dont le titre : « Les cathares ont-ils existé ? » fera probablement sursauter celleux qui, comme moi, ne connaissaient jusqu’ici de cette histoire qu’une version plus… « orthodoxe », si j’ose dire, popularisée jusqu’il y a peu par une véritable industrie éditoriale, dans la même veine que celle qui exploite les thèmes des francs-maçons ou des Templiers, entre autres.
Il faut s’y résigner : nous ne connaissons les cathares que par le biais de leurs détracteurs, clercs et inquisiteurs. De là à conclure qu’ils furent le pur produit de l’imagination de ces derniers, il y a…
Auteur: dev

