Ce texte est tiré du numéro de juillet 2026 de Lignes d’Attac, le journal trimestriel de l’association, disponible en adhérant ou en s’abonnant.
En récupérant des terrains communaux pour y implanter des unités de maraîchage biologique, gérées par des agents publics, elles refont vivre la vieille culture de la ceinture maraîchère. Le foncier en question peut représenter des dizaines voire centaines d’hectares, mais cette relocalisation de l’alimentation dépend avant tout d’une volonté politique, les collectivités pouvant aussi consacrer ces espaces à des usages plus rentables comme les zones commerciales ou les lotissements.
Le modèle de la « ferme municipale » peut toutefois séduire les politiques de tous bords puisqu’il couvre un triple objectif : créer des emplois locaux et durables, fournir des produits sains et de saison aux cantines scolaires et aux autres services publics (crèches, EHPAD, épiceries sociales), et préserver la biodiversité et la fertilité des sols.
Le projet de souveraineté alimentaire d’Ungersheim, initié en 2009, repose sur une stratégie progressive culminant avec la création, en 2016, d’une régie agricole municipale qui gère aujourd’hui 29 hectares. L’investissement total sur une période de 12 ans s’élève à environ 2,5 millions d’euros pour les bâtiments et équipements, complété par 400 000 euros pour la ferme elle-même, soit un total proche de 3 millions d’euros.
Ce financement a été rendu possible grâce à une mobilisation de subventions publiques à hauteur de 70 %, provenant de l’État (programme Territoire Énergie Positive Croissance Verte), de l’Union européenne (FEADER, fonds agricoles), de l’agglomération de Mulhouse, du Conseil Départemental et du Conseil Régional (Climaction), le reste étant préfinancé par la commune qui avait un bon pécule de côté. Le modèle économique de la régie agricole d’Ungersheim s’articule d’abord…
Auteur: Marie Beyer
