C’est un concept napoléonien. Les Cent-Jours qui vont du retour de l’empereur de l’île d’Elbe à la défaite de Waterloo. Et c’est devenu un usage politique. Au terme des trois premiers mois, on tire un bilan provisoire. Avec Donald Trump, 48 heures ont suffi pour savoir ce qui attendait les Américains et le monde. Mais cédons à l’usage. Cela faisait cent jours, mardi 28 avril, que le président républicain a réintégré la Maison Blanche, après un premier mandat plus inquiétant que dévastateur entre 2016 et 2020. Celui-ci est calamiteux, et il est bien tard pour s’inquiéter. Les premières victimes, dans leur chair, sont les migrants. Traqués, persécutés par un pouvoir plutôt inspiré du Ku Klux Klan que des Kennedy. Symbolique, cet épisode de l’arrestation d’une juge du Wisconsin en pleine audience parce qu’elle s’était opposée à l’interpellation d’un migrant dans l’enceinte du tribunal.
S’il faut tout de même voir quelque chose de positif dans tout ça, c’est la prise de conscience à laquelle nous contraint Trump.
Les règles les plus sacrées du droit sont foulées aux pieds. Le pire, parce que c’est la mort semée partout dans le monde, c’est la liquidation de 83 % des programmes de l’Usaid, l’agence de l’aide au développement. C’est la propagation du sida, l’explosion du paludisme, la famine en Afrique et en Asie. Une charge mondiale contre les pauvres. Moins immédiatement criminelle, l’offensive contre les universités, la recherche, les lieux de culture. Ce n’est pas Farenheit 451, mais ce sont des livres interdits, et des mots, et des idées. Ce que le monde aimait le mieux dans ce pays. Côté climat, ce n’est pas seulement le retrait de l’accord de Paris, c’est l’encouragement à détruire la planète. Et puis, bien sûr, le chaos économique. L’affaire des droits de douane révèle un dirigeant des années 1930, d’avant…
Auteur: Denis Sieffert

