Avec l’entrée en vigueur du pacte sur la migration et l’asile et l’adoption du règlement « Retour », l’Union européenne renforce son arsenal répressif contre les personnes exilées. Ce dernier texte prévoit notamment la création de dénommés « hubs de retour » dans des pays hors Union européenne, où pourront être expulsées de force les personnes, enfants compris, qui ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine. David Yambio, fondateur de Refugees In Libya, association communautaire défendant le droit des migrants en Libye, revient sur cette séquence politique. Il rappelle que l’externalisation de la gestion des frontières, telle qu’elle a déjà lieu en Libye, mène à des enfermements massifs et à des traitements s’apparentant à des crimes contre l’humanité.
Comment avez-vous perçu la réaction de la population en Union européenne face à l’adoption du règlement « Retour » et au pacte sur la migration et l’asile ?
Nous attendions de toute la population qu’elle se lève pour dire non.
David Yambio : La réaction de la société n’a pas été à la hauteur. Ces politiques visent à exclure les personnes exilées de la société, de la vie, et à les condamner à un système de ségrégation extrême. Il est de notre responsabilité, en tant que citoyens de ce pays, de nous unir et de dire d’une seule voix : « Non, c’est injuste, cela ne doit pas arriver. » Or, en Europe, jusqu’à présent, la réaction s’est limitée à quelques déclarations d’ONG et d’acteurs de la société civile. Nous attendions de toute la population qu’elle se lève pour dire non.
Avez-vous été entendu par les responsables politiques européens lors des discussions autour de ces textes ?
Absolument pas. C’est là que réside le problème : les responsables politiques européens, notamment ceux qui s’impliquent dans ces politiques, ne nous écoutent pas, ne nous…
Auteur: Pauline Migevant

