Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), reportage
« Allez les gars, on s’y met ! » Le ton jovial et spontané, Jean-Pierre Martinez donne le top départ d’une journée de travail sur le site de la Petite Camargue, à Saint-Chamas. Éducateur de formation, il coordonne pour le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca) des chantiers collectifs réalisés par des personnes placées sous main de justice. Ce jour-là, huit hommes condamnés à une peine de travail d’intérêt général (TIG) l’entourent.
« Moi, je bosse avec vous comme avec mes collègues, prévient-il. On fait le même travail, au même rythme. Et on fait attention les uns aux autres. » Bonnet vissé sur la tête, bottes en caoutchouc et gants enfilés, le groupe attaque la première tâche de la journée : ramasser la canne de Provence arrachée lors d’un précédent chantier bénévole afin de dégager un sentier de promenade.
Autour d’eux, des étangs, une roselière dense, un environnement riche en biodiversité. Un décor qu’ils vont peu à peu apprendre à lire. Pendant trois semaines, ils interviennent sous l’œil attentif de Jean-Pierre Martinez sur ce site naturel de 124 hectares appartenant au Conservatoire du littoral. L’essentiel de leur mission consiste à arracher des plantes exotiques indésirées qui menacent l’équilibre écologique du lieu.
« Ils ont fait en une journée ce que je pensais qu’on ferait en une semaine », raconte Mathilde Carde, stagiaire au CEN Paca, chargée d’organiser la première semaine du chantier. Ce jour-là, il s’agissait de déraciner du séneçon, une plante originaire d’Amérique du Nord, arrivée par le port commercial de Fos-sur-Mer, tout proche. Très invasive, elle conquit rapidement les milieux naturels au détriment des espèces locales.
« C’est du concret »
« C’était très cardio, mais on est un bon groupe, on s’est bien motivés, sourit Riziki, 26…
Auteur: Estelle Pereira

