Toujours disponibles et aimables, les chatbots émotionnels sont-ils la figure ultime de l’ami ? Vedettes de la dernière session du Consumer Electronics Show de Las Vegas, ces robots d’un nouveau genre ne sont pourtant pas sans danger.
Le CES 2025 a mis en lumière des compagnons virtuels alimentés par l’IA, marquant un changement majeur dans les interactions entre les hommes et les machines. Ces entités numériques capables de conversations fluides et de simuler des relations émotionnelles, redéfinissent les frontières entre le réel et le virtuel. Ces innovations offrent des perspectives prometteuses, notamment dans la lutte contre la solitude et l’isolement social.
Toutefois, l’essor de ces technologies soulève d’importantes questions éthiques et sociales. La dépendance émotionnelle envers ces compagnons virtuels pourrait affecter les interactions humaines authentiques, tandis que la collecte de données personnelles pose des défis de confidentialité. Leur adoption, en hausse chez les jeunes adultes et les hommes, appelle à une réflexion approfondie sur leur impact sociétal.
L’IA, une réponse à la solitude ?
Au Japon, les compagnons IA émergent face à une crise sociale marquée par la solitude et un faible taux de natalité. Deux tiers des hommes dans la vingtaine sont sans partenaire, et 40 % déclarent n’avoir jamais eu de rendez-vous amoureux. De plus, 7 célibataires sur 10 peinent à trouver un conjoint, tandis que 66 % doutent de leur capacité à établir une relation, faute de confiance en eux.
Dans ce contexte, Loverse, lancée en mai 2023 par la start-up japonaise Samantha, propose des interactions avec des IA génératives, dans le but ultime de développer des relations émotionnelles avec des compagnons virtuels. Conçue pour une population de plus en plus réticente aux relations traditionnelles en raison de leur coût, du temps et des efforts qu’elles impliquent, l’application vise un…
Auteur: Insaf Khelladi, Professeur Associé en Marketing, Pôle Léonard de Vinci

