Beyrouth (Liban), correspondance
Le pétrole va couler à flots. C’est ce qu’a affirmé le président étasunien Donald Trump le 15 juin, quand il vantait l’accord-cadre négocié avec l’Iran au bout de plus de trois mois de guerre.
Présenté comme la première étape vers une paix durable au Moyen-Orient, ce texte doit encore être décliné en mesures concrètes. Or les discussions prévues vendredi 19 juin en Suisse pour en préciser les modalités ont été reportées sine die. Des navires ont cependant pu franchir le détroit d’Ormuz pour la première fois depuis plus de deux mois. L’accord entre l’Iran et les États-Unis semble donc tenir malgré la poursuite de l’offensive israélienne au Liban, qui a fait 25 morts libanais dans la nuit du 18 au 19 juin alors que 5 soldats israéliens ont été tués par le Hezbollah.
Les questions les plus sensibles — programme nucléaire iranien, levée des sanctions et garanties de sécurité — restent donc en suspens. Une chose, toutefois, apparaît déjà clairement : l’or noir est au cœur du rapprochement engagé entre Washington et Téhéran.
Un accord pour l’économie, pas les civils
« Les accords diplomatiques sont indissociables des ententes économiques. Le pétrole est un outil stratégique pour les États-Unis, qui ne sont pas motivés par le sort des civils en Iran et au Liban mais bien par l’inflation et les élections de mi-mandat », analyse Layal Mansour, chercheuse et enseignante en crises économiques au Koweït.
La réouverture du détroit d’Ormuz, fermé pendant plus de deux mois par l’Iran aux navires de ses pays ennemis, doit permettre de retrouver le flux de 20 % du pétrole mondial — un soulagement pour l’économie planétaire et les électeurs étasuniens, mécontents des effets de la guerre sur leur portefeuille. Depuis l’annonce de l’accord, le cours du pétrole brut a déjà chuté de 2 à 3 dollars en moyenne.
« En…
Auteur: Philippe Pernot

