Pour de nombreuses équipes, la notion de « bon conflit » relève du mythe. La plupart du temps, les désaccords sont perçus comme une entrave, en particulier lorsqu’ils opposent des personnalités fortes ou portent sur des choix stratégiques. Et si, bien gérées, certaines confrontations au sein d’une équipe pouvaient aider à faire éclore de nouvelles idées ?
La recherche s’intéresse depuis longtemps à l’impact des conflits d’équipe sur la créativité. Selon certains chercheurs, un « bon » conflit peut la stimuler ; selon d’autres, il nuit au potentiel créatif. Jusqu’à présent, les travaux ont dit tout et son contraire. La plupart des études ont tendance à mettre tous les conflits dans le même panier, ou, au mieux, à les classer grossièrement entre conflits liés aux tâches et conflits interpersonnels, en supposant qu’ils affectent tous les membres de l’équipe de façon identique. Mais nous le voyons maintenant, cette approche est trop simpliste.
Des recherches récentes, dont les nôtres, montrent qu’on obtient un tableau plus clair de la situation en examinant un facteur clé : le rôle des individus dans l’équipe, et en particulier leur statut au sein du réseau. En particulier, des effets intéressants se produisent au cours des conflits impliquant les membres clés : ceux qui occupent une position centrale dans le flux des tâches. Grâce à ces résultats, les dirigeants auront un nouvel outil d’analyse pour comprendre l’impact des conflits sur leurs équipes et adopter des mesures concrètes afin que ces tensions stimulent la créativité au lieu de l’entraver.
Le côté (parfois) positif du conflit
Dans toute équipe, des désaccords sur les tâches – qu’il s’agisse de la répartition des ressources, de la prise de décision ou de l’organisation du travail – sont inévitables. Ces conflits, appelés « conflits de tâche », sont souvent considérés comme…
Auteur: Brad Harris, Professor of management, associate dean of MBA programs, HEC Paris Business School

