Comme un symbole, les pourparlers de Charm el-Cheikh, après 24 heures consacrées à l’installation des délégations, ont débuté deux ans jour pour jour après l’attaque du Hamas. On y a parlé de l’avenir bien hypothétique de Gaza, tandis qu’à Tel-Aviv et à Jérusalem on commémorait les morts israéliens du 7-Octobre. Il ne se trouve jamais trop de monde, hélas, pour réconcilier les mémoires et commémorer en même temps les 67 000 morts de Gaza et les 1 200 victimes israéliennes du Hamas. On jugera donc de la réussite ou de l’échec du plan au sort des vingt otages encore vivants. Le prix à payer par Israël est négligeable. La plupart des prisonniers palestiniens libérés n’avaient été ni jugés ni condamnés. Arrêtés après le 7-Octobre, ils étaient manifestement destinés à servir de monnaie d’échange.
Sur le même sujet : Le plan Trump pour Gaza : une monumentale arnaque
Dans cette première phase, le Hamas est évidemment dans une situation très inconfortable. Soit il libère les otages, mais alors il perd ce qu’il considère être un levier pour la suite. Soit il se montre un peu trop exigeant, notamment sur le rythme du retrait de l’armée israélienne et son propre désarmement, et il aura les flammes de l’enfer que lui a promis Donald Trump. En clair, le déluge de feu reprendrait sur la population de Gaza. Mais si le Hamas obtempère, et si les otages sont libérés, il devra pour la suite faire confiance à Donald Trump pour le retrait israélien et la pérennité du cessez-le-feu. Autant dire qu’il n’a aucune garantie pour la suite. On imagine qu’aussitôt la libération des otages obtenue le président américain se désintéressera du dossier et revendiquera ridiculement le Prix Nobel de la paix. Seuls le Qatar et…
Auteur: Denis Sieffert

