Début décembre, le Réseau Forêt Limousine, le collectif Forêts Vivantes Pyrénées et SOS Forêt Dordogne, qui représentent ensemble plus de 110 associations, collectifs, syndicats et groupements forestiers, ont interpellé la ministre de la Transition écologique dans un communiqué et un courrier envoyé au ministère. Ils réclament une meilleure gestion forestière en Nouvelle-Aquitaine et demandent à être « associés à l’élaboration d’une politique publique nationale et régionale sur la forêt ».
Une sylviculture intensive
Tandis que le massif des Landes fait face à l’apparition d’un ver mortel pour les arbres, dont la propagation pourrait être favorisée par la pratique de la monoculture intensive de pins maritimes, le Limousin voit s’intensifier la pratique de la coupe rase. Des forêts vivantes et diversifiées y sont remplacées par des monocultures de résineux, au grand dam de nombreux habitants et forestiers, victimes de l’industrialisation de la gestion forestière.
« Ça me fait pleurer », lâche Camille (prénom modifié), membre du Réseau Forêt Limousine. « Parfois, je n’arrive pas à me balader en forêt parce que je sais que je vais tomber sur une nouvelle coupe rase. Quand on est chez soi et qu’on entend les grosses machines qui arrivent en forêt, ça tord les boyaux. »
Dans le Limousin, nombreux sont ceux à percevoir une augmentation des coupes rases et des prélèvements de bois.
« En Creuse, le flux du bois est désormais négatif : la production biologique ne couvre plus la mortalité et les prélèvements en hausse », affirment les trois collectifs.
Cette augmentation des prélèvements s’inscrit dans une tendance française et européenne. Une étude publiée en 2020 dans la revue Nature, pointe une augmentation de la superficie forestière exploitée de 49 % et une hausse de 69 % de la biomasse récoltée entre 2016 et 2018 par rapport à la période 2011-2015.
Auteur: Eloi Boye

