Saxophoniste leader de la fanfare de rue Zap dans les années 1990, il aura fait tomber plus d’une auditrice ou plus d’un auditeur sous le charme de son jazz. Quitte à mettre le feu au plancher du palais des congrès de Lorient lors du festival interceltique de Lorient en 1991. Jean-Louis Le Vallégant, qui aurait fêté son 69e anniversaire ce 10 novembre 2025, vient de succomber à une longue maladie, vendredi 3 octobre 2025, au matin.« Tu sais, c’est un truc grave et rare. Ils m’ont découvert un cancer dans le sang. Mais les médecins s’occupent de moi. Et je repartirai voyager en Inde, comme ça au gré des rencontres, pour le bien de mon esprit. » C’est ce que l’artiste annonçait à la mi-août, alors qu’il rendait hommage à l’un de ses compères sonneurs, Daniel Miniou qui venait de décéder. Deux mois plus tard, il part pour un tout autre voyage. Il laisse P’tit Gus orphelin, efface ses Traces de bal, sans autres Confidences sonores.
Toujours en lien avec les autres
Né à Lorient (Morbihan) le 10 novembre 1956, ses racines sont à Bannalec (Finistère). Une commune rurale où il passe son enfance. De ces années-là, il puisera l’inspiration en 2015, pour son spectacle P’tit Gus. Il y évoquait avec émotion, sa jeunesse entre cigarettes Royal-Menthol, portemanteau rossignol et table en Formica. Et un père devenu boucher, alors qu’il rêvait de tango. Ce spectacle était pour lui un bouleversement dans ma vie, à 58 balais.
Trois ans auparavant, Jean-Louis Le Vallégant avait fait un tour de Bretagne pour recueillir ici et là, les confidences sonores des habitants. Pour lui, ce projet réactivait une fonction de musicien traditionnel. Un sonneur était colporteur d’histoires personnelles. Et J2LV, comme il aimait à s’épeler, était et reste un sonneur. Avec une bombarde, un saxo, un ordi. Je suis sonneur. J’ai les deux pieds sur terre et les deux yeux rivés sur le monde.
Dans la…
Auteur: Claude Morizur

