Les matériaux biosourcés, fabriqués en partie ou entièrement à partir de biomasse, sont largement encouragés par la réglementation environnementale européenne RE2020 afin de diminuer l’impact environnemental du secteur du bâtiment, mais leur usage peine à décoller. Certains déchets agricoles issus des cultures de lin ou de tournesol présentent des caractéristiques prometteuses, en particulier pour l’isolation. Ils pourraient apporter en outre un revenu complémentaire aux agriculteurs.
Le secteur de la construction représente à lui seul 36 % de la consommation énergétique mondiale et 40 % à l’échelle européenne. Il est également responsable de près de 40 % des émissions globales de dioxyde de carbone (CO2). C’est donc un secteur clé pour atteindre l’objectif de neutralité climatique que s’est fixé l’Union européenne d’ici à 2050, et qui requiert une transition écologique à la fois rapide, pérenne et efficace.
Dans ce contexte, les matériaux biosourcés se révèlent de plus en plus pertinents avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation environnementale (RE2020) sur le territoire français, depuis le 1er janvier 2022. Ces matériaux, selon la définition de l’Ademe, sont des produits partiellement ou entièrement issus de biomasse. Dans le secteur de la construction, ils sont particulièrement remarquables pour leur faible impact environnemental, et leurs bonnes performances en matière d’efficacité énergétique et de confort d’été.
Pourtant, leur utilisation demeure à ce jour limitée : les isolants biosourcés comptent pour moins de 10 % du marché. Alors que le Salon international de l’agriculture s’ouvre le 22 février à Paris, intéressons-nous au rôle que peut jouer l’agriculture dans le développement de ces matériaux qui permettraient de faire d’une pierre deux coups en valorisant des coproduits agricoles qui présentent un excellent potentiel en…
Auteur: Séverine Latapie, Docteure en génie civil, Enseignante au département Génie Civil Construction Durable, IUT de Tarbes, LMDC/INSA Toulouse, INSA Toulouse

